Les Sables 70.3 mouvants !

Pourquoi ce titre ? Parce qu’une équipe en relais a pris le départ de la première édition de l’Ironman 70.3 Sables d’Olonne avec ce nom et je trouvais cela marrant. Cela résume bien aussi ma course, alors je vous la raconte ?

Quand Ironman a sorti cette nouvelle édition 70.3 aux Sables d’Olonne, nous avions nos dossards dès les premiers jours.

Une envie de voir une nouvelle destination et s’aligner sur le départ avec pleins d’amis triathlètes.

Avec une préparation sportive en dents de scie à cause de blessures qui m’ont empêché de faire de la course à pied pendant 4 mois, je partais avec des doutes.

Aussi je ne vous cache pas que je partais avec 4 kilos en plus, qui m’ont sacrément miné le moral ce début d’année, autant psychologiquement que physiquement sur les différents  entraînements.

Je n’avais pas vraiment d’objectif de chrono, si ce n’est que d’améliorer celui de 7h07min (2 x Ironman 70.3 Pays d’Aix 2017 (1er half) 2018 (passage de la grêle par là – certains en sont encore marqués 😈)). Partant sur un format plus roulant je me doutais que cela allait être possible 😊.

L’AVANT-COURSE

Vendredi soir nous voilà arrivés en Vendée, il fait nuit mais l’air marin fait déjà du bien. On va se changer les idées le temps d’un weekend. Nous logeons à l’hotel, c’est d’ailleurs la première fois que nous ne sommes pas dans un AirBnB. Et pour le coup, je vous le déconseille ! Chambre trop petite et on ne peut se faire à manger comme on veut. Ce qui, lors d’un week-end comme celui-ci, est bien pratique !

Samedi, il faut beau et nous décidons d’aller goûter l’eau avec nos copains Charlotte et Nicolas, eux aussi engagés sur la course.

L’eau est un peu froide mais je sais que le jour de la course, on ne se posera pas la question, il faudra y aller !

Nous allons ensuite récupérer nos dossards, le traditionnel bracelet autour du poignet et le sac de la course.

On croise du monde, c’est super agréable de revoir des gens d’un peu partout en France.

La ligne d’arrivée est sous nos yeux, mais c’est le lendemain que nous la franchirons.

Puis, pas le temps de vraiment se poser puisqu’il faut préparer toutes les affaires, les sacs de transition et aller déposer le vélo sur le parc. Presque tout est déposé la veille, sauf les affaires de natation et le sac de ville pour l’after course.

Un dîner pris avec Charlotte et Nicolas à échanger sur notre passion commune & la course du lendemain et nous voilà déjà au lit !

D-DAY

5h du mat, les mouettes me réveillent, à moins que cela ne soit mon esprit qui divague.

Aie le réveil n’est quant à lui qu’à 7h30, puisque la course commence aux alentours de 10h – ce qui est tard pour un départ de course.

J’essaie de me faire la course en tête mais j’ai du mal car je ne connais aucun des trois parcours qui composeront la course.

Le réveil sonne, c’est l’heure de mettre les tatouages avec le numéro de dossard sur bras et jambe gauche. Mis en 30 sec, il me faudra 1 jour pour réussir à les faire partir 😰.

L’hôtel nous a préparé une salade de pâtes mais cela ne donne pas vraiment envie. Moi qui adore le salé le matin, tant pis ! Un peu de pain, fromage et jambon feront l’affaire.

On part enfin pour le parc à vélo regonfler nos pneus et mettre notre nutrition sportive en place. À ce moment-là, je ne sais pas encore que ma nutrition – mal adaptée – me jouera des tours et déterminera ma course.

Tout est prêt, on part pour la plage, au départ de la course. Il fait beau, on est contents d’être là, que peut-il nous arriver ?

Le départ se fait par rolling-start (6 athlètes toutes les 10 secondes), donc beaucoup moins stressant que les mass-start. Nous décidons avec Mathieu de nous mettre dans le sas 37-38minutes (c’est le temps que nous estimons faire). On y retrouve Maud et Stéphane, on papote. On entend le speaker dire que les athlètes pros sont déjà au kilomètre 6 en vélo, alors que nous n’avons pas encore pris le départ !

11h05, un dernier bisou avec Mathieu et il est temps de s’élancer sur cette nouvelle course pour nos gambettes. Je cours sur le sable et plonge rapidement dans la mer. Ceux qui m’ont suivis à Nice connaissent la qualité de mes plongeons ! 😂 

J’avance, l’eau est salée, il y a pas mal de vagues. Je ne vois pas très bien les bouées et d’ailleurs je dévie déjà mais un canoë m’indique de resserrer vers la gauche.

Quelques mètres faits et nous voilà déjà dans le chenal du Vendée Globe. Moment hors du temps, je vois tous ces gens qui nous regardent et je me dis que cela doit être un sacré spectacle de là-haut.

J’enchaine les bouées sans savoir où j’en suis et je me permets de regarder ma montre une fois – 1300m – déjà ! Je continue sans me poser de question et j’aperçois enfin les bouées finales où les bénévoles aident les athlètes à sortir. J’en profite également et attrape une main pour me sortir de cette tornade d’athlètes pressés d’en finir avec le chenal.

Je regarde ma montre 2000m et quelques, 33 minutes. NO WAY ! Je n’ai jamais nagé comme cela & je rigole intérieurement. Merci la mer pour ton aide 😂🌊👌🏼.

Le détail de ce hold-up :

La transition (T1) est assez longue, il faut pas mal courir, se changer et aller chercher son vélo.

Je prends le temps (trop 😅), de bien me préparer et voilà que les 91kms commencent.

(Merci à la personne qui m’a prise en photo 😊)

Je pars vite. Trop vite.

Le chrono de natation me reste en tête et je me dis que je vais tout donner en vélo pour continuer dans la lignée.

Les kilomètres s’enchaînent, je passe 30kms en 1h. J’essaie de manger ma barre Cliff, ca passe pour la première.

Je croise beaucoup de cyclistes, on se doublent, se redoublent.

A un moment, je double un cycliste et roule sur une vipère, my God ! Je ne le comprends que sur le moment-même et je rigole avec le type. J’en reviens pas, décidément je sens que cette course va être folklo !

Les gens sont posés sur leur terrasse, les trottoirs et déjeunent tranquillement en nous encourageant.

Je ne compte plus le nombre de fois où j’entends “allez les filles”. Cela me ramène un an en arrière, à Nice, où l’engouement était le même de la part des supporters.

J’arrive à 60kms, 2h, top si je fais la même sur la troisième partie ce sera un vélo parfait. Ou mais c’est sans compter mon énergie qui commence à retomber, les relances qui commencent à faire mal aux jambes. Je perds quelques minutes et à partir de 75kms, les nerfs lâchent un peu.

Je ne pense plus à manger depuis déjà 1h, juste à râler des côtes qui me font mal. Qui a dit qu’un Half Ironman c’était qu’une partie de plaisir?

Je ne suis pas souvent négative sur une course et pourtant dans ma tête je ne fais que ça. Je ne me reconnais pas. Des cyclistes me doublent par dizaine, je n’arrive plus à suivre. Je m’accroche et essaie d’oublier qu’il va falloir produire un semi-marathon par la suite.

90kms à mon compteur, je sais que la fin est proche. Finalement le parcours fait 92kms et des poussières et je le termine en 3h15. Je pose le vélo, complètement déboussolée, je n’ai pas réussi à manger depuis 2h, je me sens à l’ouest.

Ma transition (T2) est plus rapide que la première, forcément moins de choses à enlever (juste le casque et switcher de chaussures).

Me voilà partie avec une seule chose en tête : trouver le premier ravito. Je demande à 1, 2, 3 bénévoles mais personne ne sait où il est sur le parcours.

Ma vision se trouble et encore plus quand je vois qu’il faut descendre des escaliers et courir 500m sur le sable. D’ordinaire j’aurais trouvé cela chouette mais bizarrement là je subis plus qu’autre chose.

Les gens sont fous, ils m’encouragent à fond en maillot de bain ! Je n’en reviens pas de cette bienveillance qui me fait chaud au cœur.

A la fin de la portion de sable, je demande à un bénévole s’il faudra repasser 3 fois par-là et il me rassure en me disant que je viens d’arriver sur le parcours course à pied sur le Remblai qui mène vers un lac, qu’il faudra juste contourner.

J’arrive vers la foule d’athlètes et supporters et je me sens dans une autre dimension. Il y a beaucoup de bruit, je me sens désemparée dans un corps sans énergie.

Je commence à stresser, mon dos commence à se bloquer et mon souffle à se couper. Ou peut-être l’inverse. Je ne sais plus. On me demande si je fais de l’asthme et je réponds que je n’en ai jamais eu 😂.

Ce que je sais c’est qu’il y a un autre athlète à côté de moi, Jérôme, qui lui a des crampes un peu partout aux niveaux des jambes. On fera un début de parcours ensemble, en alternant marche et course. Il viendra me voir après la course et on partagera notre aventure – la magie des rencontres sur un triathlon !

J’arrive au 1er ravito et j’essaie de manger de la banane et un gel. Mais je sais qu’il est trop tard et que mon corps mettra du temps avant de repartir. 7kms. 7 kilomètres avant de pouvoir “recourir” sans avoir à s’étirer le dos, à pouvoir enfin respirer.

Peu importe ce qui me retenait et me coupait le souffle, je me dis “let it go”. J’essaie d’échanger avec certains athlètes pour me booster.

D’ailleurs, un athlète qui zigzague devant moi, me tombe presque dans les bras. Les secours arrivent, je le laisse entre de bonnes mains. Ce dernier me rebooste dans son malheur car je me dis que je n’en suis pas encore au point de tomber. Alors je vais m’accrocher !

Je sais qu’il faut que je trouve des mécanismes mentaux pour avancer et je décide de me créer des blocs de distance & de me créer une personnage qui s’appelle “patience” et de le chérir. Oui, cela peut paraître bête, mais petit à petit cela vous amène vers une ligne d’arrivée.

Pendant ces trois boucles de course à pied, tous les athlètes se croisent et s’encouragent.

Je croise Mathieu 2 fois, 1 première pour lui dire que cela ne va pas 😂 et que peut-être que pour la première fois je vais abandonner, puis une deuxième fois pour lui dire que ça va un peu mieux et que je vais m’accrocher.

Merci à toutes les personnes qui ont crié mon prénom, vous m’avez porté ! Aussi, merci à Laura, qui m’a boosté d’un sourire et d’un câlin  deux fois pendant le parcours ! Victoria – Ironwife qui a fait 50m en courant à mes côtés 😍

Merci à tous ces bénévoles adorables, qui vous reboostent, vous écoutent et vous portent jusqu’au prochain ravito. Ils restent des heures debout sans jamais se plaindre !

Petit bout par petit bout, je vois le troisième chouchou de couleur (un chouchou par tour) arriver et je souris une fois celui-ci passé à mon poignet.

Je vois la ligne d’arrivée, il n’y a personne. Je sprint comme je peux et je fais un signe à Mathieu qui est sur le côté. Je finirais cet enfer en 2h34, mon plus mauvais semi. Je l’accepte.

Arrivée en 6h34, je souris car franchir une ligne d’arrivée est toujours un moment exceptionnel 🤩

Une fois la ligne passée, je me sens super bien, pas de douleur, rien. C’est d’ailleurs étonnant car je redoutais vraiment la course à pied à cause de mon pied (ancienne fracture de fatigue pied gauche / contracture mollet gauche), et puis avec du tape et des manchons de compression Thuasne Sport, je n’ai rien senti.

Chaque course est unique et je ne suis pas prête d’oublier celle-ci sous le soleil et entre amis.

D’ailleurs bravo à toutes mes copines triathletes qui ont fait de superbes chronos ! Vous êtes inspirantes 🙏🏼

La médaille autour du cou, il ne reste plus qu’à aller faire de la cryo naturelle dans la mer pour récupérer 🌊.

Et vous comment s’est passée votre course ?

Et pour ceux qui n’en ont jamais fait, est-ce que cela vous donne envie de vous lancer ?

A très vite sur la prochaine course 🏃🏼‍♀️

Constance

——

Équipement :

  • Trifonction arena
  • Brassière & manchons de compression Thuasne Sport
  • Chaussures New Balance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *