La promenade des Anglais pour le dîner !

  • A J+4, je vais tenter de vous raconter cette folle aventure ! 🙂

Tout d’abord, voici quelques chiffres sur mon Ironman : 

  • 7 mois de préparation
  • 58 açaí bowls avalés
  • 2842 kms de vélo
  • 736 kms de course à pied
  • 104 kms de natation
  • 1 reconnaissance de parcours
  • 20g de sel avalés
  • Licenciée à la Team Oloron Triathlon dans le sud-ouest
  • Mais des entraînements solo sur Paris
  • – 4 kilos au début de la prépa, et puis +2 vers la fin haha
  • Quelques pleurs
  • Beaucoup de plaisir
  • 14 heures et 17 minutes d’effort

Vendredi, J-2 avant la course, nous partons pour Nice, c’est parti ! 

Après quelques heures de train, je ne tiens plus en place. On arrive à Nice et avec style (jean sur jean, chaussettes de compression, bronzage cycliste).

Pendant 2 jours, il faut que je récupère mon dossard, prépare mon vélo, vérifie que tout le matériel est en place et marche bien, prépare mes ravitos, me faire coiffer, voir mes proches.  J’en profite aussi pour goûter l’eau une dernière fois.

Et surtout prendre ma photo avec mon bib #476.

Samedi aprem, Mathieu me réveille après une bonne sieste et me montre une vidéo surprise de mes parents et frères/soeurs qui me fait pleurer direct. Wow je sens que cette aventure va être très émouvante.

Après avoir déposé mon vélo à 18h45, je profite de mes proches et rentre faire mon dernier vrai repas, puis me coucher tôt. A 21h30 j’ai les jambes en l’air, allongée sur le lit et j’essaie de re-visualiser la course, chaque épreuve, chaque transition. J’ai vu chaque recoin du parcours, il y a quelques semaines, je suis désormais prête.

J’essaie de compter les moutons, de mettre la méditation Petit Bambou, mais rien n’y fait, je dormirais seulement 4h avant ce grand départ. En effet, à 3h30, j’ai les yeux grands ouverts et j’éteins les 5 réveils en avance. Je pars dans la cuisine et décide de faire des étirements (?!), puis de nettoyer les plaques céramiques de notre Airbnb (?!). Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour s’occuper lol. 

Je décide de me doucher et coller mes tatouages. Puis vient l’heure de manger, le moment que je préfère d’habitude le matin, mais là à 4h c’est un peu rude. Je regarde mon mélange d’orge, aubergines & soja et cela me dégoûte littéralement. Pourtant Mathieu me dit qu’il faut que je me force car l’effort va être conséquent. 

A 5h, on part rejoindre le parc à vélo, je fais un bisous à Mathieu qui n’a pas le droit de rentrer et là je regonfle mes pneus, me mets de la crème sur la nuque (je me brûle souvent en eau libre car je respire que du côté droit), puis un petit tour aux toilettes s’impose. Tout est timé et tant mieux car je n’ai pas le temps de stresser.

Une fois ma combi enfilée, je retrouve deux copines athlètes et nous partons vers les sas de natation. En piscine, j’ai fait plusieurs grosses séances entre environ 1h16 et 1h20, donc je décide de me mettre dans l’estimation 1h18. Ma copine triathlète Cécilia m’accompagne et cela me rassure énormément. On rigole, on sourit. Le ciel est rose, il est 6h30 et on va s’élancer dans notre plus belle aventure triathlon jusqu’ici. Je vois Pierre-Maxime près de l’arche de départ, il nous prend en photo afin de marquer le coup. 

Mon tour arrive, je plonge dans l’eau. Ca y est c’est le départ et le début de cette longue journée. Cette épreuve en mer est une sacrée aventure. Non pas à cause des vagues et du sel, qui me faisaient peur à la base, mais plus par les coups des autres athlètes. Je ne saurai vous dire combien de coups sur la tête, mes lunettes je me suis pris, ni combien de personne m’ont attrapé les pieds arg ! Pendant ces 2 grosses boucles, je repense à ce que Mathieu m’avait dit « il y aura des moments difficiles mais aussi de bons moments dans cette course ». C’est exactement ce qui se passe à ce moment-là ! Un coup, on est tous espacés, l’eau est claire, je profite, oui oui, même sans avoir une belle technique on peut aimer nager en eau libre, un coup on est tous les uns sur les autres. Il faut souvent relever la tête et se décaler. Parfois cela me frustre, enfin surtout vers la fin où c’est bouchonné et je perds du temps. Mais au final, je me rappelle que cette épreuve est la 1ère donc il ne faut pas trop forcer et se fatiguer.

Je sors en 1h19 et je vois mes proches 🙂. Premier boost ! Je cours jusqu’à mon sac de T1 et me prépare pour 7 à 8 h de vélo. Attention, il ne faut pas aller trop vite car je devrai gérer cet effort solo et donc je ne dois rien oublier de mes ravitos ou matériel de réparation.

Allez hop, deuxième partie de course. J’oublie la première et me concentre. Je retrouve Cécilia vers 10 kms, on se sourit, on sait qu’on est désormais vraiment dans notre course. 

Comment vous raconter 7h59 de vélo? Il y a eu des bons et des mauvais moments, enfin beaucoup de bons et seulement un ras-le-bol sur les 20 derniers kms. Sur ce magnifique parcours, je connais les difficultés, je l’ai reconnu il y a 3 semaines. De plus, j’avais affiché le dénivelé sur mon compteur et cela m’a aidé à ménager mes efforts. Première difficulté? Une côte à 20kms, 13% je pense, un peu bouchonnée, je m’accroche, il y a des supporters des deux côtés de la route. Certains posent le pied, pour vous dire comme elle pique les gambettes. A partir de là, je sais que la prochaine difficulté sera dans 30kms, où il y aura 22kms de montée jusqu’au Col de l’Ecre. Je profite, je parle aux cyclistes à côté de moi.

Je vois un type qui vient de St-Jean-De-Luz, c’est chez nous ça le sud-ouest 🙂. On papote. Puis, un autre concurrent se met à ma hauteur et me dit « Constance, c’était toi hier au bar? » WTF ? Déjà, comment il connaît mon prénom ? Ah oui, j’ai mon dossard dans le dos ! Au bar? Je ne bois plus depuis 7 mois ?! Ah oui, je suis allée boire une eau pétillante hier soir avec des proches qui ne pouvaient finalement rester jusqu’à la fin de la course le lendemain à cause des grèves. Il finira par me dire qu’il avait rigolé en me voyant boire de la Cristalline comme lui et qu’avec son fils ils me donnaient 18 ans… Je ne sais pas si à l’aube de mes 28 ans cela fait vraiment plaisir lol mais au moins ça nous a occupé l’esprit un instant  🙂.

Un autre cycliste se met à ma hauteur me demande aussi mon âge, car il me trouve bien jeune.  Décidément ! Je lui dis que dans 4 jours j’ai 28 ans et que cela fait 5 ans que j’ai fait mon 1er triathlon, lui qui à 45 ans s’est lancé il y a 3 ans. Je lui explique que dans ma catégorie d’âge nous sommes 25 féminines et que dans celle d’avant il y a tout de même 3 filles plus jeunes. Il n’en revient pas. On papote encore un peu et je me demande si c’est une course ou si on est au bar du coin ?! 😂👌🏼

Fini de rigoler, le Col de l’Ecre est là. Je le connais et ne me laisse pas impressionnée. Je sais qu’il est long à monter et qu’il faut respirer. Je remonte un certain Pascal, qui en chie un peu. Je connais tellement cet état que je me permets de l’encourager. Il voit mon prénom et son visage s’illumine, sa fille s’appelle pareil et il a l’impression qu’elle vient de l’encourager. Ca refait ma montée 😃

Une fois en haut, on a la possibilité de prendre nos ravitos persos, je demande le mien mais je me rappelle alors ce qu’il y a dedans (gâteau de patate douce, oeufs et lardons fait par mon beau-frère) et le temps que cela a passé au soleil… du coup, je renonce. De tout façon il me reste 1 barre Nomenk, des gels GU, de la viande de grison & des abricots moelleux.

Il reste encore de nombreux kilomètres jusqu’au deuxième col, celui de Vence, qui casse un peu les pattes. Je sais que Mathieu m’attend là-bas et je souris déjà. Les kilomètres s’enchaînent, Cécilia est toujours là ainsi que plusieurs cyclistes avec lesquels on se passent et se dépassent. 

120kms, je sais qu’il faut faire un mini aller-retour. Je croise Hippolyte qui me crit que Mathieu est au bout et je mets les bouchées double. Je l’aperçois, et une larme coule sur ma joue. Il a fait tout ce déplacement pour m’encourager alors que je passe assez rapidement, puisque c’est une portion rapide. Cela m’a reboosté ! 

133-136kms, dernière mini bosse et ensuite c’est que de la descente. J’adore les descentes mais vers 150kms on est plus aussi lucide qu’au début de la course alors je redouble d’attention pour ne pas faire un faux mouvement et mal prendre un virage. Dans ma tête, j’essaie de calculer combien de minutes il me reste, mais j’ai du mal à compter. Je vois en tout cas que je n’ai pas aussi bien géré mon temps qu’à la reconnaissance du parcours, mais j’avais oublié les pauses qui sont actuellement comptées sur mon temps (2 mini arrêts aux toilettes, et 3 arrêts gourdes). 

Je regarde ma montre 170kms, il en reste 3 ! On est déjà sur la Promenade des anglais et j’aperçois les coureurs qui font le demi-tour. Je remonte tout le boulevard et je le trouve interminable. Peut-être parce que je sais ce qui m’attend après ! 

173 kms, 2000m de dénivelé en 7h59 et je suis soulagée. JE N’AI PAS CREVE ! Par contre, sur les 3 derniers kilomètres, une douleur d’une cicatrice que j’ai sous le pied s’est réveillée et je commence à prendre peur. Lorsque je pose le pied à terre, je vois que je ne peux pas m’appuyer sur le côté du pied droit. Merde, comment je vais faire pour courir un marathon maintenant ? Je boite dans le parc à vélo, jusqu’à mon rack. J’essaie de respirer et me dire que ça va aller. Je vais chercher mon sac de T2, change mes chaussures et demande à l’infirmerie conseil avant de partir courir. Le mec est posé sur sa chaise tranquillou et ne me sera d’aucune aide. Je décide de m’accrocher et pars sur la course à pied. 

Je sais qu’il ne faut pas partir trop vite. De tout façon, je n’ai jamais été une flèche 🤗. Dans ma tête je fais le vide, j’ai déjà oublié les 2 autres épreuves, je suis focus sur celle-ci. Je me suis entraînée depuis 7 mois sur les mêmes parcours, afin d’avoir une redondance et travailler le mental, les mêmes boucles pour faire des blocs et tenir des allures. Je me dis que je pourrai seulement m’autoriser à en avoir marre à partir de 30 kms. J’ai aussi établi une règle : 1 ravito eau, 1 ravito bout de banane, etc… J’ai aussi 3 gels que je prendrai entre temps. Autre règle que je me fixe : ne pas s’arrêter entre les ravitos Oui, tout est méthodique et réfléchi, je ne laisse pas de hasard, juste des sensations mais sans trop m’écouter car on a vite fait de flancher et d’ailleurs beaucoup d’athlètes marchent à cette heure-ci de la course.  

Le premier tour passe bien, je sais qu’en revenant vers le centre ville, les supporters seront là et aussi mes proches, que je cherche avec hâte. Je les vois, ils crient et avec mon premier chouchou de couleur, je pars pour le deuxième tour. De loin j’aperçois Solène, et je me presse pour lui taper sur l’épaule et je souris. On est bien là non 😂?! Je la laisse repartir à son allure, et je continue mon chemin. Enfin, on est pas si bien que ça parce que j’avais oublié de vous dire qu’il pleuvait depuis 1h et que je suis encore trempée. Serais-je un chat noir en compétition ? Une personne de la Croix Rouge me donne une couverture de survie mais 1) ça fait du bruit et je ne veux pas embêter les autres coureurs 2) elle me dit que cela attire la foudre et il commence à y avoir de l’orage. Je l’enlève et essaie de me réchauffer comme je peux.

Finalement, je réussis à choper un petit kway Ironman grâce à cette super bénévole et je me réchauffe bien. Je suis à 20kms et là je vois ma soeur Jeanne et ma meilleure amie Victoire, je craque. Je suis trop heureuse de les voir.

Allez plus que 2 tours et je pourrai enfin aller vers la ligne d’arrivée. En attendant, je rencontre des athlètes, des bénévoles. On partage un mot, un sourire, parfois une discussion (pensée à cet athlète du club de St Grégoire avec lequel on a reparlé de l’Ironman 70.3 Pays d’Aix). Sur cette course à pied, je ferai 2 pauses pipi, je mangerai je ne sais combien de bouts de banane, j’encouragerai pleins d’athlètes qui marchaient ou que je connaissais, comme pour me booster et ne pas m’autoriser à flancher. A 30kms, je chope mon dernier chouchou et là je vois tous mes proches et je suis aux anges ! Ce sont des émotions indescriptibles. Mathieu me filme et me réconforte. 

Je ne m’arrêterai pas, ce n’est même pas une option. Je croise une dernière fois Laura, Cécilia et je les encourage. On va le faire les filles ! 35kms, toujours aucune douleur, je trouve cela limite bizarre, je m’étais préparée à souffrir et là tout est OK. Je suis donc rassurée mais je ne m’autorise à relâcher un peu qu’à 38kms. J’aperçois Mathieu vers 40kms, je ne pouvais rêver mieux pour ces derniers kilomètres. Je regarde la Promenade, qu’est-ce que c’est beau, il s’est arrêté de pleuvoir depuis un moment et le ciel est dégagé. 

41kms, je sais que mes proches sont à l’entrée du tapis qui mène à l’arche d’arrivée, vers la gauche. Je les vois, les embrasse mais rapidement car mon corps et ma tête sont rivés vers l’arrivée. Je vois tous ces gens qui applaudissent et me portent.

Je passe l’arche sans savoir mon temps et j’entends le fameux « YOU ARE AN IRONMAN ». Je pleure, punaise je l’ai fait. Lynn, la bénévole me remet ma médaille. Je suis la plus heureuse. Mathieu, Jeanne, Guillaume et Victoire arrivent et me félicitent On se prend dans les bras. On me dit que j’ai fait 14h17. Je suis ravie, je voulais faire moins de 16h (temps limite de la course).

Toutes ces émotions, je le savais mais vraiment c’est une aventure dingue ! Je me revois le 13 octobre dernier lors de mon inscription, à demander à Mathieu s’il pensait que je pouvais vraiment le faire. 7 mois de préparation, seule avec des amis pour m’accompagner sur des sorties et un ami coach du club qui m’aidera finalement à travailler le vélo à distance (Merci Mathieu Dumont). Combiner un nouveau boulot en février, les transports en commun, les grèves. My god, c’est encore meilleur de se dire qu’on l’a fait ! 

Merci à toi qui m’a suivi dans cette préparation, toi qui m’a encouragé, supporté. Merci à tous ces athlètes avec qui j’ai partagé un bout de bitume. Merci à ma famille d’avoir été sur place, dans une vidéo, par message ou par téléphone, le jour d’avant course, le jour J ou post-course.

Après une telle course, j’ai choisi de faire de l’électrostimulation sur les cuisses, mollets ainsi que de la cryothérapie pour récupérer au plus vite. Merci Pole Cryo pour cette aide.

Merci aussi à Liife Eat Smart pour les Açai bowls durant cette préparation. Merci à Womenlab de m’avoir toujours soutenue dans mes aventures sportives à travers leurs marques féminines sportives. Merci à Nomenk pour leurs ravitos sains et délicieux !

Enfin, merci Mathieu. On remet ça bientôt ? 

Constance, ♥️

12 réponses sur “La promenade des Anglais pour le dîner !”

  1. Ce compte rendu est juste merveilleux comme toi ma chère constance, plein de douceur, de persévérance et de passion.
    Je suis tellement heureuse de t’avoir rencontré. J’ai hâte que tu me
    Partage tout ça de vive voix.
    Encore bravo ma Coco je suis fière de toi ❤️

    1. Merci à toi pour toutes ces sorties ensemble 🙊♥️ Quelle belle rencontre tu as été cette année 😘🙏🏼 Maintenant c’est ton tour ma belle ! Trop hâte de te suivre le jour J. Gros bisous 😚

  2. Une telle fierté de t’avoir vu t’inscrire, t’entrainer, douter puis finalement croire en toi et réussir ce formidable défi. Tu as même réussi à m’impressionner le jour de la course avec une détermination que je ne te connaissais pas 😉 Tu as réalisé quelque chose de grand, tu peux être fière de toi, moi je le suis en tout cas.

  3. Incroyable, c’est le mot qui me vient pour décrire ton expérience, ta détermination et surtout te décrire toi ! J’attendais ce compte rendu avec impatience et j’ai versé ma petite larme de bonheur parce que je savais à quel point c’était important pour toi et en effet tu peux être fière de toi, bravo ma Coco ♥

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