Aix-En-Provence, ses calissons, son Ironman 70.3 !

C’est la troisième année que je parcours la Florence provençale au mois de mai. L’aventure « Iraining Man » peut commencer !

La première année j’y étais venue prendre mes marques en tant que supportrice, sur une course où la partie natation avait été annulée au grand dam de nos amis triathlètes. Puis, l’année dernière pour me lancer sur ce format Ironman 70.3 Pays d’Aix : 1,9 km de natation, 90 km de vélo avec un beau dénivelé et 21km de course à pied dans la ville, sous un soleil de plomb. La preuve avec ce magnifique souvenir – resté ancré plusieurs mois durant :

Cette année il s’agissait d’une édition dantesque, et le mot est faible ! Vous avez quelques minutes et une bonne tasse de thé ? Que je vous raconte cette aventure depuis le début !

Jeudi, départ à 7h de banlieue parisienne, en voiture, suite à des grèves de train – nous avions anticipé cette alternative bien plus longue mais plus sûre. Nos vélos et notre petit bordel triathlon dans le coffre, nous partons pour environ 800kms – l’aventure commence !

Ce qui est bien en arrivant aussi tôt dans la ville de la compétition, c’est que tu peux « te poser », t’organiser et gérer les imprévus plus facilement. Tu peux également reconnaître les lieux (parc à vélos, lac où se fera la natation etc…). D’ailleurs nous sommes allés gouter l’eau et tester une dernière fois notre combi – il faisait beau hein ? ☀

Vendredi nous avons récupéré nos dossards au niveau du village cours Mirabeau et croisé plusieurs amis athlètes.

Puis, nous avons fait une mini balade pour tester nos vélos une dernière fois. De quoi se rassurer après le transport en voiture…

Le samedi, l’organisation Ironman met à disposition des athlètes des navettes pour aller déposer les vélos au parc, près de la base de loisirs de Peyrolles. Le moment de regarder qui est là chez les pros et leur vélo 😍 !

Le sac de transition (vélo – course à pied) « T2 » est déposé dans la cour d’un collège dans la ville. Je repère où est mon dossard sur le rack – près du panier de basket 🏀 easy !

C’est déjà l’heure de se préparer pour le big day ! Je décide de tester le salon africain en bas de notre AirBnB pour la coiffure – toujours partagée entre la tresse africaine centrale ou deux sur les côtés. J’opte pour la 2ème option et refuse les rajouts de mèches de cheveux de la patronne. Je crois qu’elle n’a pas l’habitude d’avoir ce type de demande sportive, bien qu’elle ait bien cernée la pauvre masse capillaire de CocoBongo ! 10 minutes plus tard, je regretterai ce choix de coiffure, « tiré par les cheveux », assez moche, mais qui aura au moins le mérite d’avoir tenu plus de 7h d’effort sous la flotte !

Allez je vous montre ça !

Puis vient le moment de se tatouer nos dossards et de vérifier que les affaires sont prêtes pour le dimanche matin, jour de course.

#dossard499 🔥

Encore quelques regards sur meteofrance.fr mais les conditions n’ont pas changé, tout comme il y a encore l’Eurovision à la télé ce soir-là !

4h44 premier réveil.  Entre excitation et voisins fétards, j’ai dormi 3h environ, je suis fraîche en somme ! On se regarde avec Mathieu, le sourire aux lèvres, on y est !

Petite navette prise avec Maud, Stéphane, Mathilde, Laura et Mathieu pour commencer l’aventure ensemble. On est sur le parc à vélos, on regonfle nos roues et prépare nos ravitos.

Pas le temps de dire bonjour à Laurent Jalabert, je mets ma combi 2XU qui me suit depuis 2 ans maintenant. On rentre dans le sas 38-40min et l’excitation monte. Là, je vois Floriane avec qui on a partagé un moment de gourmandise (açaí bowl vs fondant au chocolat) la veille. On pourra conclure que le chocolat l’emporte sur la performance – encore Bravo Floriane pour ton chrono ☺🤜🏼 !

Cette année encore la partie natation est plutôt agréable, avec le rolling-start d’athlètes. C’est parti : 1km tout droit et 900m pour revenir. Je suis bien dans l’eau, même les coups ne me font pas peur.

Je sors en 38min55 et cours jusqu’à la T1. Contente, j’ai gagné presque 4 minutes par rapport à l’année dernière et qui ne me font pas regretter mes nombreux entraînements nocturnes à la piscine de Cormeilles. En courant sur le tapis noir, j’entends des encouragements familiers, oh Anne-Laure est là ! La bonne surprise, qui me rebooste.

Je passe 8 minutes à faire ma transition, pour partir sereine sur mon bolide.

C’est parti pour 90kms d’aventure ! Partie bêtement avec seulement un jersey et un coupe-vent par-dessus ma trifonction, j’avais en revanche téléchargé le parcours sur mon compteur gps et affiché le dénivelé – super aide ! On ne peut pas gagner à tous les coups 😃 !

La 1ère partie est agréable, on voit des coquelicots. On se dit tous que finalement « ca va aller » 😀.

J’ai un super ravito, on pourrait manger pour deux : 1 barre Nomen’k, de la viande de grison, deux gels GU, des dattes, des abricots secs, des noix de pécans… tout va bien ! 

Puis vient la 2ème partie où c’est désormais la fête à la grenouille 🐸 ! Pluie à torrent et que l’on soit couvert ou non, on est tous trempés. Les routes commencent à être remplies d’eau et des bourrasques de vent s’invitent à cette fête démentielle ! La grêle a décidé qu’elle viendrait aussi nous titiller les joues, parce que sinon c’est pas drôle. Un cycliste qui me dépasse pense  alors tout haut ce que je pense tout bas “aie aie aie” 😂 oui ça fouette le visage, je suis d’accord ! 

Peu après, je retrouve Maud et Mathilde et c’est ensemble que l’on montera le col de Cengle sous des trombes d’eau. L’orage frappe la région et nous fait peur par la même occasion. Nos mains sont déjà congelées et on a du mal à passer les vitesses. On ne peut pas se permettre de s’arrêter car cela serait trop dur de repartir, on s’accroche.

A ce moment-là, le destin me frappe ! Une voiture immatriculée 64 monte alors elle-même le Col. WTF, mais que fait un béarnais / basque dans les parages ? 🙊👍🏼

La course continue et on voit déjà des athlètes arrêtés sur le bord de la route, serrés entre eux comme les pingouins 🐧, pour tenter de se réchauffer. Cette première scène me brise le cœur et sera malheureusement le début d’une longue série !

Ayant fait plusieurs sorties sous la pluie dans le Vexin ces dernières semaines, je sais qu’il ne faut pas oublier de s’alimenter et s’hydrater pour autant, tout comme le meilleur moyen de mettre fin au calvaire est souvent de continuer de pédaler jusqu’à la maison.  C’est ce que je me répète plusieurs fois sur les 10 derniers kilomètres où j’arrive tant bien que mal, en tremblant, à choper mon gel Gu parfum caramel : un régal ! Pourtant petite consommatrice de ce format de nutrition, je peux dire qu’il a sauvé ma course !

Je continue de pédaler mais je me sens tout de même de moins en moins lucide. Pour autant, il faut rester concentrée pour ne pas tomber et la météo se dégrade encore. Mes jambes tremblent et ma mâchoire n’arrête pas de claquer. Je crois que je pleure, enfin je ne sais pas trop car j’ai le visage tout mouillé par la pluie, depuis des heures. Dans ma tête, à ce moment-là, je me dis que je m’arrêterai pour ma part après cet effort, une fois dans le parc à vélos. Mais finalement, dû au fait que l’on soit tous dans la même situation et grâce aux athlètes féminines avec qui je suis, je continue de pédaler ! On est pourtant contraintes à ralentir considérablement sur cette fin de parcours car il y a plusieurs descentes dangereuses sous ces conditions !

Je partage ma T2 avec Anne du blog Anne Dubndidu. On pose nos vélos, son copain nous encourage.

C’est l’heure de se changer sous une tente remplie d’athlètes grelottants. Impossible d’enlever mon casque, je n’ai plus de force dans les doigts. Je passe environ 10 minutes à me changer, puis 11 autres minutes à chercher une couverture de survie comme tous mes collègues de galère. En attendant de trouver l’objet phare de cette édition, je suis remplie d’émotions :

  • la panique car je vois tous ces athlètes tristes, congelés, la plupart en hypothermie.
  • la bienveillance lorsque j’aperçois un athlète étant tombé qui a une plaie au genou et sans aucun secours 😲 je cherche à lui trouver une boisson chaude et une personne du SAMU – ma course est alors en suspend. J’essaie de rebooster deux autres athlètes car je sais à quel point cette course compte à leurs yeux.
  • la niak, si la grêle ne m’a pas eue, je vais courir contre la pluie sans souci !

En repartant pour la fin du parcours, trempée mais déterminée, je tombe sur Bertrand le coach natation de mon ancien club Les Expatriés, double smile. 

La course à pied prend pour moi la forme d’un fractionné : je marche dans les côtes et accélère ensuite dans les descentes et sur le plat (très peu). Attention à la gadoue dans le parc ! Décidément ce triathlon ressemble de plus en plus à un Xterra.

Je parle aux bénévoles sur les ravitos, ils sont tellement adorables ! Je fais même une pause toilettes, le chrono étant déjà oublié depuis longtemps !

J’ai ce besoin de parler aux gens, pour oublier le froid, ma trifonction mouillée depuis des heures.

J’aperçois Mathieu sur mon premier tour, je suis rassurée il va bien et il est toujours dans la course. On se tape dans les mains ♥️

Les tours s’enchaînent (x3), je récupère mes chouchous et je réussis à m’accrocher à un groupe avec lequel on prend des relais pour se rebooster et donner l’allure. Je croise Maëva plusieurs fois et on se sourit mutuellement car on sait que le calvaire va bientôt prendre fin 😃 !

Il me reste enfin 800m, et je vois encore une tête connue, Max ! Le champion, il a terminé sa course depuis un moment déjà et avec un tel chrono !!! Il vient m’encourager et court avec moi sur plusieurs mètres, ce qui me touche énormement !

Là c’est la fin je le sens, je la vois, le long du cours Mirabeau. J’enlève mon coupe-vent pour montrer fièrement les couleurs de la Team Oloron Triathlon et je pense à tous les gens qui m’entourent au quotidien, me soutiennent dans mes aventures sportives et me poussent à me surpasser.

Je regarde l’athlète à côté du moi, un chinois dont je n’ai pas réussi à lire le prénom écrit sur son dossard et je lui crie « we did it dude » ! Et là je sprint, sans savoir d’où me vient cette énergie. 

Je tape dans les mains des enfants sur le côté et savoure le chemin jusqu’à l’arrivée ! J’aperçois Mathieu et Maud sur le côté, j’ai les larmes aux yeux.

La médaille autour du cou, je me retourne, 7 heures et 7 minutes ! Le même chrono et la même fierté qu’en 2017 ! Des conditions météorologiques, elles, à l’opposé ! 

Cette course partagée est de loin celle qui m’aura le plus marquée humainement et physiquement. 

Merci à tous ces bénévoles sur le parcours, à cet athlète qui m’a aidé à enlever mon casque de vélo, à Laura, Maud, Mathilde, Maëva et Anne avec qui j’ai partagé un bout d’aventure #GIRLSPOWER 🤜🏼💃🏼

Bravo à tous ces athlètes finishers et tous ces aventuriers qui ont choisi de prioriser leur sécurité et leur santé. Vous n’avez pas abandonné, vous avez choisi de vous préserver 🙏🏼!

La médaille de cette année représente une figure emblématique d’Aix-En-Provence : Paul Cézanne et elle a un goût si particulier.

Le meilleur après une telle course?

Un dragon açaí bowl de chez Liife -Eat Smart 😋

Allez encore un mois avant l’Ironman de Nice, on se remet à l’entrainement ? 😄

Bisous les sportifs !

Constance  

2 réponses sur “Aix-En-Provence, ses calissons, son Ironman 70.3 !”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *